Au procès, l’occupation russe, le traquenard et les larmes
Troisième et dernier jour d’audience au procès des époux Praga, jugés pour avoir agressé un prêtre à coup de fusil dans le centre-ville de Lyon en octobre 2020. Si l’intention de tuer a été écartée des débats, les deux risquent jusqu’à 15 ans de prison pour violence avec arme. Devant la Cour, un frère est venu témoigner, l’accusation a tout résumé et un avocat s’est mis à pleurer.
Parfois, les faits divers racontent quelque chose de la société. Ce vendredi 22 septembre, elle a fait irruption dans ce qu’elle a de plus sombre au procès d’assises de Giorgi et Lela Praga. Le couple d’accusés est inculpé pour avoir grièvement blessé un homme en tirant sur lui à bout portant, et les longues heures d’audience de ces derniers jours ont permis d’éclairer les origines de leur accès de violence. À la barre ce matin, le frère de Lela Praga est venu parler de sa grande sœur et de leurs souvenirs d’enfance, marqués par l’occupation russe.
« Je me souviens de notre ville natale en feu, de ma mère qui nous bandait les yeux pour ne pas voir les cadavres éparpillés dans la rue. Je me souviens du canon des armes pointé sur nous, pour la seule raison que nous étions Géorgiens. C’est la première fois en trente ans que j’en parle en public », décrit-il à propos du massacre de Kamani en 1993.